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  • Nicolas Blanchette, D.O, B.sc kinésiologie

Sciatique : le syndrome du piriforme


Le syndrome du piriforme met en jeu deux structures anatomiques intimement liées. La

première est un muscle profond de la hanche : le piriforme (ou muscle pyramidal) qui donne son nom au syndrome. La seconde structure est un nerf : nerf sciatique. Ce syndrome, d’ailleurs, est l’une des causes de la populaire ‘’sciatalgie’’, une condition que l’on appelle communément ‘’sciatique’’. Il est caractérisé par la présence de douleur dans la région de la fesse et/ou de la hanche. L’inconfort peut aussi irradier à la cuisse et même au mollet. Il se répand aussi fréquemment dans la région lombaire. D’ailleurs, il a été estimé que près de 6% des gens souffrant de mal de dos (lombalgie) seraient en fait affecté par le syndrome du piriforme. Certaines études placent ce pourcentage beaucoup plus élevé (jusqu’à 35%!)

Étant donné que les symptômes ressemblent à s’y méprendre à ceux d’autres conditions, il est facile, même pour un professionnel de la santé, de passer à côté de ce syndrome. En pratique, le syndrome est souvent confondu avec un syndrome sacro-iliaque, une bursite de la hanche, une irritation nerveuse ou encore une hernie discale.

Habituellement, si la douleur a pour origine une pathologie de la colonne vertébrale, elle augmentera avec les mouvements impliquant le rachis : par exemple, se pencher pour attacher ses souliers pourrait apporter des sensations fort déplaisantes. Cependant, lors du syndrome du piriforme, les mouvements de la colonne vertébrale ne modifient généralement pas beaucoup la perception de la douleur du patient. La radiographie et l’imagerie par résonnance magnétique ne permettront pas non plus d’expliquer les symptômes ressentis par la personne qui en souffre. Par contre, ces mêmes symptômes peuvent être exacerbés par des mouvements impliquant davantage la hanche : croiser une jambe sur l’autre par exemple peut fréquemment amplifier la douleur lors de syndrome du piriforme.


La condition touche davantage les femmes que les hommes. Bien que la raison de cette différence a besoin d’être clarifiée, elle s’explique sans doute par la prédisposition naturelle des femmes à une plus grande souplesse ligamentaire de la région du bassin. Ceci demanderait un effort plus important de la musculature (dont le piriforme) pour la stabilisation de ce dernier lors des efforts physiques.

Anatomie du syndrome

Le muscle piriforme est en relation étroite avec le nerf sciatique. En effet, chez la grande majorité des gens (jusqu’à 90%), le nerf sciatique perce le bassin à travers un trou dans ce dernier appellé grand foramen sciatique et émerge ensuite sous la limite inférieure du muscle piriforme (a) . Des études ont cependant rapporté qu’il existe des variations anatomiques à ce trajet. En effet, chez jusqu’à 22% des gens, le nerf sciatique passe à travers le muscle piriforme lui-même, ce qui prédisposerait les gens qui présentent cette configuration à développer le syndrome.

La douleur ressentie dans le syndrome du piriforme s’expliquerait par la présence d’inflammation et de congestion local causé par la compression musculaire exercée sur des petits nerfs et vaisseaux sanguins. Notons que l’un de ces nerfs périphériques est le nerf pudendal qui innerve les organes génitaux. Lorsque ce nerf est irrité ou comprimé dans certains cas de syndrome du piriforme, les patients peuvent même souffrir de douleur pelvienne.

La cause de ces irritations et compressions peut être directe (chute sur la fesse, compression du nerf par le porte-feuille en position assise, ou position assise prolongée sur une surface dure) ou indirecte : spasme musculaire résultant d’une activité sportive intense, longue ou inhabituelle, laxité ligamentaire, sédentarité. Le symptome le plus fréquemment rapporté est une douleur à la fesse après une position assise prolongée (généralement, de 10 à 20 minutes).

Dépistage de la condition

En premier lieu, dans tous les cas, il vaut mieux parler de vos symptômes avec votre médecin. Ce dernier pourrait vous recommander des examens plus appropriés (radiographie, IRM, etc.) afin de déterminer si une autre cause ne serait pas responsable de vos symptômes, une hernie discale par exemple.

L’observation, la palpation et certains tests de mouvement peuvent être employés pour révéler la présence d’un syndrome du piriforme. Lorsque la personne qui souffre de syndrome du piriforme se couche sur le dos, on observe généralement un pied dont les orteils s’approchent du sol davantage que l’autre. Ceci est causé par une rotation externe plus importante de la hanche dont le piriforme est raccourci (contracture musculaire). Habituellement, si le patient tente volontairement de ramener son pied vers le centre pour le placer de manière symétrique avec l’autre, ce mouvement créera de la douleur. Ce n'est cependant pas un signe définitif car d'autres éléments peuvent expliquer cette assymétrie.

À la palpation, le thérapeute peut ressentir une bande rigide très tonique le long du trajet du muscle piriforme.

Le test de FAIR, qui consiste à placer la cuisse du patient en position de flexion, adduction et rotation interne révèle la condition dans une grande proportion de cas.

Prise-en-charge de la condition

Selon les études, près de 80% des patients expérimentent dès la première semaine une diminution de leurs symptômes avec des modalités conservatrices comme le repos, l’application de glace et la prise d’anti-inflammatoire non stéroïdien et de relaxants musculaires.

Pour les cas persistants, la thérapie manuelle comme l’ostéopathie, la physiothérapie, la chiropractie ou la kinésithérapie peuvent être d’une grande aide. Dans ces interventions, l’objectif du thérapeute sera toujours de tenter de réduire le plus possible la tension du muscle piriforme et normaliser l’amplitude de mouvement de la hanche. Le thérapeute devra se poser la question : ‘’pourquoi le muscle piriforme est-il si tendu?’’. Est-ce la résultante d’une chute, d’une contracture liée à une position répétitive, d'une hyperlaxité ou encore une compensation musculaire pour un problème situé ailleurs dans la biomécanique du patient ?

La thérapie par l’exercice par le patient (sans douleur) est également encouragée. Une variété d’exercice d’assouplissement et de renforcement pour les hanches sera alors utilisée. Ces dernières seront enseignées par un professionnel qualifié comme un kinésiologue et réalisé plusieurs fois par jour dans la non-douleur. Notons particulièrement que les muscles adducteurs (les muscles de l’aine) ont souvent été montrés comme nécessitant du renforcement musculaire pour un soulagement durable du syndrome du piriforme. Pour renforcer ce groupe musculaire, vous pouvez vous coucher sur le dos, genoux fléchis et pieds à plat au sol. Placer un ballon ou un coussin épais entre les genoux. Contractez avec force pour rapprocher les genoux l’un contre l’autre contre la résistance de l’objet et maintenez cette contraction soutenue pendant de 20 à 30 secondes. Répétez pour 3 séries. Pour une plus grande efficacité, vous pouvez utiliser des ballons de différents diamètres à chaque série.

Dans les cas persistants, l’acupuncture ou l’injection de substance antiinflammatoire peuvent être utilisées. Si tous les traitements énumérés ne procurent pas de résultats sur plusieurs semaines, la décompression chirurgicale peut être envisagée. Heureusement, son utilisation pour le syndrome du piriforme est plutôt rare. Thérapeutes : vous aimeriez en savoir davantage sur la thérapie manuelle et les exercices en lien avec le syndrome du piriforme? Rendez-vous à notre prochaine formation sur le sujet. Cliquez ici pour l'horraire : https://www.osteo-solution.com/bassin

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Nicolas Blanchette pratique l’ostéopathie et la kinésiologie avec son équipe Ostéo-Solution sur la Couronne Nord de Montréal, au Québec. Vous pouvez prendre contact avec lui pour un rendez-vous en visitant le https://www.gorendezvous.com/fr/osteosolution

Source: BOYAJIAN-O’NEILL, LORI et Coll. Diagnosis and management of Piriformis Syndrome; an osteopathic approach, The Journal of the American Osteopathic Association, November 2008, Vol. 108, 657-664.

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