10 choses que vous ne saviez pas sur votre mal de dos
- Nicolas Blanchette, Ost, B.sc kin
- il y a 7 heures
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*Cet article a été rédigé pour le compte du magazine Vitalité Québec. Les informations transmises dans cette chronique ne constituent pas des informations de nature médicale. Consulter un médecin pour toute question de nature médicale.
Le mal de dos est l’un des problèmes de santé les plus courants dans le monde. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 80 % des adultes souffriront de douleurs lombaires ou dorsales à un moment ou à un autre de leur vie. C’est-à-dire, qu’il est plus rare de ne pas vivre un épisode de mal de dos assez important au courant de sa vie! Si cette douleur souvent surprenante peut être invalidante, voire angoissante, les découvertes récentes en matière de santé musculosquelettique permettent aujourd’hui de mieux comprendre les tenants et aboutissants de la lombalgie. Dans cette chronique, je vous propose d’en apprendre davantage sur 10 vérités méconnues concernant le mal de dos. Ces faits bien établis scientifiquement pourront sans doute vous rassurer et vous aider à garder espoir et à prendre action dès aujourd’hui pour améliorer votre bien être et votre qualité de vie.
1. La douleur ne signifie pas forcément qu’il y a des dommages
Beaucoup de gens pensent que s’ils ont mal au dos, c’est qu’ils se sont blessés ou qu’ils ont endommagé leur colonne vertébrale. Pourtant, la douleur, surtout lorsqu’elle perdure dans le temps, est un phénomène complexe influencé par de nombreux facteurs, dont le stress, les émotions, la fatigue, l’humeur, les attentes personnelles, les perspectives, les croyances et les habitudes de vie, pour ne nommer que ces éléments! Par ailleurs, les études font ressortir que la majorité des maux de dos (plus de 90% des épisodes) seraient de nature ‘’non-spécifique’’. C’est-à-dire que, en passant tous les examens médicaux imaginaires connus, il serait toujours impossible de trouver avec certitude les tissus du corps humain responsable de l’épisode de douleur! En d’autres termes, la majorité du temps, avoir mal au dos ne signifie pas que votre colonne est en danger. Il faut s’adapter, mais s’inquiéter outre mesure ne fait souvent qu’aggraver la situation.
2. Le repos prolongé peut aggraver la situation
En lien direct avec le point précédent! Il fut un temps où l’on prescrivait le repos au lit pour les douleurs lombaires. Aujourd’hui, les recherches montrent que rester inactif trop longtemps peut, au contraire, ralentir notre guérison et le retour à nos activités significatives comme le travail et les loisirs. Une revue systématique de l’Université de Sydney (2016) démontre que le maintien d’un certain niveau d’activité physique favorise une récupération plus rapide et réduit le risque de récidive d’épisodes de maux de dos. Le mouvement, en contribuant à accroître la circulation sanguine, favorisant l’acheminement des nutriments nécessaires à la guérison, est source de vie. La plupart du temps, il faut continuer à bouger et à avancer… même lorsqu’on a mal.
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3. L’imagerie médicale ne dit pas tout
À prime abord, passer une IRM ou une radiographie pour son mal de dos peut sembler rassurant. On trouvera le coupable de notre mal et on pourra ainsi mieux s’en occuper! Toutefois, ces examens révèlent très régulièrement des ‘’anomalies’’ dans le rachis qui ne sont pas liées à la douleur. Par exemple, des études ont montré que plus de 50 % des personnes de plus de 30 ans présentent des hernies discales sur les images, sans ressentir la moindre douleur (Brinjikji et al., 2015). Cela signifie que ce que l’on voit à l’imagerie ne reflète pas toujours ce que l’on ressent. Se fier uniquement aux résultats d’imagerie peut parfois induire un excès d’inquiétude : particulièrement si on lit un rapport d’examen médical que l’on ne comprend pas et qu’on est effrayé, voir désemparés! Par exemple, certaines personnes montrent des dos relativement ‘’usés’’ à l’imagerie médicale, mais elles se porte très bien et ressentent peu de symptômes dans leur vie quotidienne. Tandis que d’autres montrent des dos en parfaite santé sur leurs résultats d’examen, alors qu’elles vivent l’enfer et ressentent de la douleur persistante sur une base quotidienne... L’habit de ne fait pas le moine, ou, adapté à notre contexte, les tests d’imagerie médicale ne font pas l’être humain derrière la douleur!
4. Le stress et l’anxiété peuvent tous deux amplifier la douleur
Saviez-vous que cerveau joue un rôle crucial dans la perception de la douleur? Après tout, l’encéphale, c’est le grand patron qui prend les décisions! Ainsi, le stress chronique, l’anxiété et la dépression qui influencent tous le fonctionnement de notre système nerveux central, sont étroitement liés à l’intensité et à la persistance des douleurs lombaires. La revue Pain (2018) souligne que les troubles de l’humeur peuvent altérer la façon dont le cerveau traite les signaux douloureux. Apprendre à gérer son stress, par des techniques comme la pleine conscience, la relaxation musculaire progressive, la respiration diaphragmatique, l’activité physique ou la thérapie manuelle comme l’ostéopathie ou la massothérapie, peut la plupart du temps grandement contribuer à réduire la douleur.
5. L’exercice est l'une des meilleures solutions
Je vous disais que le mouvement est bénéfique pour éloigner les maux de dos. L’activité physique régulière représente aussi l’un des traitements les plus efficaces pour les douleurs chroniques au dos. Des programmes d’exercices adaptés de plusieurs disciplines incluant le yoga, le Pilates, le Tai Chi, ou les exercices de conditionnement physique ont tous démontré des effets bénéfiques sur la mobilité, la force et la réduction de la douleur chez les gens avec maux de dos (Searle et al., 2015). De plus, contrairement à la croyance populaire, il n’est pas nécessaire d’en faire pendant des heures. Même 30 minutes de marche par jour peuvent faire une différence significative! L’Organisme Mondiale de la Santé recommande de réaliser 20 minutes d’exercices physiques de votre choix par jour, ou encore 30 minutes, 5 fois par semaine. Pour obtenir davantage d’encadrement au niveau des exercices, n’hésitez pas à consulter un kinésiologue ou un physiothérapeute, par exemple.
6. Votre dos n’est pas fragile : il est robuste!
Contrairement à une idée répandue, la colonne vertébrale est une structure extrêmement solide, une merveille biologique conçue pour bouger et supporter des charges. La peur du mouvement (un phénomène étudié en science sous le terme de kinésiophobie) peut se développer à la suite d’un premier épisode de douleur aiguë au dos. C’est un facteur de chronicisation des douleurs lombaires : la kinésiophobie fait perdurer la douleur dans le temps! Une étude dans le British Journal of Sports Medicine (O'Sullivan et al., 2018) rappelle que renforcer la confiance des patients en leur dos est une étape clé de la guérison. Le corps va où l’esprit le visualise; le dos n’est pas « fragile » : il est fort et capable de résilience.
7. Vivre des douleurs persistantes ne signifient pas que la situation est irréversible
Lorsqu’on souffre depuis longtemps, il devient facile de perdre espoir. Pourtant, de nombreuses personnes parviennent à réduire, voire à éliminer leurs douleurs chroniques avec des approches adaptées. Une méta-analyse parue dans JAMA Internal Medicine (2017) conclut que la thérapie comportementale, les exercices graduels et la rééducation active permettent d’améliorer considérablement la qualité de vie des patients. Même après des années de douleurs, le changement est possible.
8. Le sommeil influence la douleur
Mal dormir peut augmenter la sensibilité à toutes les douleurs et les maux de dos n’y échappent pas. Des recherches récentes (Finan et al., 2013) indiquent que les troubles du sommeil perturbent les circuits cérébraux de la douleur. Améliorer son hygiène de sommeil — régularité, réduction des écrans, relaxation — est donc un levier thérapeutique à ne pas négliger. Une personne adulte devrait dormir régulièrement un minimum de 7 heures par nuit.
9. Les médicaments ne remplacent pas les approches actives
Les antalgiques, anti-inflammatoires ou relaxants musculaires peuvent soulager temporairement, mais ils ne traitent pas la cause de la douleur. Leur usage prolongé peut comporter des risques. Les directives cliniques recommandent aujourd’hui de privilégier les approches actives non médicamenteuses comme première ligne de traitement contre la douleur de nature persistante comme de nombreux épisodes de douleur au dos (NICE Guidelines, 2020).
10. Vous devez avoir un rôle d’acteur principal dans votre rétablissement!
C’est l’énoncé le plus important : vous n’êtes pas impuissant. L’idée que seul un professionnel peut « réparer » votre dos est dépassée. De plus en plus d’études mettent en lumière le rôle central de l’éducation, de l’autogestion et de l’engagement actif du patient dans sa réadaptation. Se former, bouger, expérimenter ce qui vous fait du bien : voilà les clés d’une amélioration durable. Souvenez-vous, votre corps possède une incroyable capacité d’adaptation et de guérison.
En conclusion
Le mal de dos, aussi fréquent et désagréable soit-il, ne doit pas représenter une fatalité. En comprenant mieux les mécanismes de la douleur, en démystifiant certaines idées reçues, et en adoptant des stratégies actives et personnalisées, chacun peut retrouver une meilleure qualité de vie. Le chemin vers le mieux-être existe, et il commence la plupart du temps par
un simple pas : croire en sa capacité à aller mieux!
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Nicolas Blanchette pratique l’ostéopathie et la kinésiologie avec son équipe Ostéo-Solution sur la Couronne Nord de Montréal. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne.
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Références
Brinjikji, W., Luetmer, P. H., Comstock, B., Bresnahan, B. W., Chen, L. E., Deyo, R. A., ... & Jarvik, J. G. (2015). Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. AJNR. American Journal of Neuroradiology, 36(4), 811-816. https://doi.org/10.3174/ajnr.A4173
Finan, P. H., Goodin, B. R., & Smith, M. T. (2013). The association of sleep and pain: An update and a path forward. The Journal of Pain, 14(12), 1539-1552. https://doi.org/10.1016/j.jpain.2013.08.007
Maher, C., Underwood, M., & Buchbinder, R. (2017). Non-specific low back pain. The Lancet, 389(10070), 736–747. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(16)30970-9
National Institute for Health and Care Excellence (NICE). (2020). Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management. NICE Guideline [NG59]. https://www.nice.org.uk/guidance/ng59
O’Sullivan, P. B., Caneiro, J. P., O’Keeffe, M., Smith, A., Dankaerts, W., Fersum, K., & O’Sullivan, K. (2018). Cognitive functional therapy: An integrated behavioral approach for the targeted management of disabling low back pain. British Journal of Sports Medicine, 52(24), 1543–1553. https://doi.org/10.1136/bjsports-2017-097616
Searle, A., Spink, M., Ho, A., & Chuter, V. (2015). Exercise interventions for the treatment of chronic low back pain: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Clinical Rehabilitation, 29(12), 1155–1167. https://doi.org/10.1177/0269215515570379
The JAMA Network. (2017). Effectiveness of cognitive behavioral therapy and exercise for chronic low back pain. JAMA Internal Medicine, 177(6), 838–846. https://doi.org/10.1001/jamainternmed.2017.0220
Williams, A. C. de C., & Craig, K. D. (2016). Updating the definition of pain. Pain, 157(11), 2420–2423. https://doi.org/10.1097/j.pain.0000000000000613
Université de Sydney. (2016). Low back pain: Guidelines for evidence-informed care. Revue intégrée dans l’article de Maher et al., 2017.
