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Maux de cou : le poids du monde sur ses épaules

Dernière mise à jour : 26 mai 2022


Les maux de cou, ou cervicalgies, représente une des causes les plus fréquente de consultation dans le domaine de la réadaptation physique. Sources de désagréments très répandus, les épisodes d’inconforts de la région cervicale toucheraient mondialement environ 27 personnes par tranche de 1000 habitants. Les cervicalgies entraînent aussi un coût économique important. En 2016, les dépenses de soins de santé en lien avec des maux de dos ou des maux de cou ont totalisé plus de 134,5 milliards de dollars aux États-Unis. 25,5 millions d’américain(ne)s s’étaient absenté(e)s du travail en 2012 pour des cervicalgies avec une période moyenne d’absence d’environ 11,4 jours. Les études épidémiologiques mondiales montrent que davantage de femmes que d’hommes rapportent vivent des épisodes de maux de cou annuellement. Les femmes seraient également plus longtemps incommodées par ce problème que les hommes. Par ailleurs, la tranche d’âge la plus touchée, pour les deux sexes, seraient les 45-55 ans. Hormis ces facteurs non-modifiables, d’autres éléments ont été lié à davantage de chance de développer une cervicalgie persistante. Parmi ceux-ci, on retrouve des facteurs physiques, psycho-sociaux ainsi que des facteurs liés aux habitudes de vies.

La prise en charge des maux de cou, de manière similaire à celle des autres troubles musculosquelettiques, dépendra de si le problème est plutôt de nature aigue ou persistante.

Cervicalgies aigues

Elles peuvent être de cause traumatique (après une chute ou un accident de voiture, par exemple) ou encore d’apparition spontanée.

Lorsqu’il y a eu un trauma sévère, il va sans dire que l’évaluation médicale est importante pour s’assurer de l’absence de blessures graves comme une fracture ou encore pour dépister une éventuelle commotion cérébrale.

Lorsque l’apparition est davantage spontanée (pensez à un torticolis), il s’agit heureusement rarement d’un problème grave. Une réaction inflammatoire locale est quelque chose de fréquent et fait partie du processus de régénération normal de notre organisme. Si toutefois vos symptômes sont très aigus et/ou s’accompagne d’autres manifestations, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Un torticolis, c’est un peu comme ‘’se barrer le dos’’, mais dans la région cervicale!

Certes, c’est parfois très incommodant quelques jours, mais ça persiste rarement plus de deux semaines. La vaste majorité des cervicalgies aigues pourront être progressivement résolues par une période de repos plus ou moins courte suivi d’une remise en mouvement progressive. Différentes modalités de gestion de la douleur pourront être utilisé en attendant que l’organisme finalise ses ‘’rénovations’’ :


  • Repos dans un premier temps (mais maintenir cette phase courte, généralement pas plus d'un jour ou deux).

  • Support pharmacologique (médicaments comme des analgésiques ou anti-inflammatoire, selon les recommmandations votre médecin/pharmacien)

  • Application de froid ou de chaleur

  • Massages et mobilisations douces

  • Exercices de relaxation et de respiration

  • Exercices variés toujours en respectant la sensibilité

  • Acupuncture, etc.


Technique d'Énergie Musculaire pour le trapèze

La ''recette'' idéale différera selon chaque personne. Quoi qu’il en soit, aucune de ces modalités ne devrait augmenter la sensibilité ressentie de façon évidente lorsqu’on l’utilise.

Cervicalgies persistantes

Une cervicalgie persistante est définie par un mal de cou qui dure au-delà d’une période de 3 mois. Lorsque c’est le cas, la guérison physiologiques des tissus blessés à l'origine peut même être complètement terminée tandis que la douleur continue de se manifester! Certains facteurs ont été étudiés pour mieux comprendre comment un mal de cou aigu peut finir par prendre un caractère persistant. Malheureusement, la littérature dont nous disposons en 2022 montre qu’il n’existe pas de traitement ‘’one-size-fit-all’’ pour les maux de cou persistants (et on pourrait certainement avancer que c’est la même chose pour la plupart des douleurs articulaires persistantes!).

Personne n'aime se réveiller avec un mal de cou

Toutefois, plusieurs modalités pharmacologiques et non-pharmacologiques ont été étudiée avec un bon bagage derrière eux pour aider les gens qui ont mal au cou. Les meilleurs résultats sont souvent atteints lorsque des approches multimodales, c’est-à-dire, abordant le problème sur plusieurs facettes, sont entreprises.



Facteurs physiques

Différentes blessures musculosquelettiques d’apparition ponctuelles ou graduelles, ainsi que des conditions génétiques peuvent influencer le fait de présenter ou pas des épisodes de cervicalgies de nature persistante.On pense par exemple aux névralgies cervico-brachiales, aux poussés inflammatoire d’arthrose cervicale ou encore aux maladies rhumatismales. Contrairement à la croyance populaire, bien que l’on puisse ressentir que notre cou est raide lorsque l’on a mal, il n’y a pas de lien entre le degré de raideur physiologiques des muscles du cou et le fait de présenter de la douleur cervicale ou pas. De façon générale, l’exercice physique régulier, par ses effets sur le système nerveux et sur la réduction de l’inflammation, aide à diminuer la durée et la sévérité des épisodes douloureux de cervicalgies persistantes. De façon assez intéressante, une revue de la littérature (Kim et coll, 2018) s’est penchée sur les différents facteurs de risques associés au développement des cervicalgies persistantes.

Ils ont trouvé que les facteurs psychosociaux pesaient davantage dans la balance que les facteurs physiques quant aux chances de vivre de épisodes de cervicalgies persistantes!


Tableau tiré de Kazeminasab Somaye et coll, 2022

Facteurs psychosociaux


Il y a certaines expressions populaires qui communiquent si bien un message. L’une d’entre elle est : ‘’avoir l’impression que le poids du monde repose sur ses épaules’’. En anglais, on dit qu’une situation peut être ‘’A pain in the neck’’. Le lien entre cervicalgie persistante et anxiété est appuyé scientifiquement. En effet, les recherches montrent que les gens qui souffrent de trouble anxieux et/ou de dépression présentent des taux deux fois plus élevé de cervicalgies persistantes que les gens qui ne présentent pas ces conditions. Les attitudes, croyances, et perceptions ont tous la possibilité d’influencer la douleur, tout comme la détresse émotionnelle, la qualité des relations sociales et les stratégies de l’individu pour faire face aux stress et à la douleur.


Par exemple, vivre trop de stress de manière soutenue était associé, dans une étude à grand échelle chez les adolescent(e)s, à une prévalence plus élevé d’épisodes maux de cou. Le stress, en trop grande quantité et lorsqu’on a l’impression qu’on a peu de contrôle sur lui, peut contribuer à altérer le traitement de l’information lié à la douleur au niveau de la moëlle épinière, du tronc cérébral ou du cerveau lui-même. La résultante peut être une hyperalgésie périphérique : c’est-à-dire, on ressent une sensibilité accrue à la douleur, au cou par exemple. Le seuil de tolérance est réglé à la baisse par notre système nerveux et on ne se sent pas bien.

La dépression peut produire un phénomène semblable. Une revue de la littérature parue en 2018 (Liu et coll.) a permis de montrer un lien fort entre la dépression et la présence de maux de cou et de maux de dos. On retrouve le même phénomène pour les lombalgies persistantes (maux de dos).