La pharmacie dans notre cerveau

 

Saviez-vous que notre merveilleux cerveau possède sa propre pharmacie interne ?  En effet, notre système nerveux dispose de tout un arsenal de molécules dont certaines visent à calmer la douleur, à améliorer notre moral ou encore à nous faire vivre des sensations euphorisantes.  Qui plus est, comme dirait l’autre, nous avons en nous du ‘’maudit bon stock’’. Les beta-endorphine, par exemple, ont été évalués comme ayant des effets analgésiques comparables à la morphine, mais en 18 à 33 fois plus puissant, proportionnellement parlant[1]!  

 

Ces molécules antidouleur et probonheur incluent des neurotransmetteurs et des hormones. Elles font partie de ce que l’on nomme le circuit descendant de modulation de la douleur, un système qui, lorsqu’il fonctionne adéquatement, s’occupe d’atténuer de manière autonome les sensations douloureuses. Ce circuit met en jeu des structures anatomiques de notre système nerveux tel que la moelle allongée, le bulbe rachidien, la glande hypophyse ou encore l’hypothalamus.

On retrouve parmi les neurotransmetteurs et les hormones impliquées la sérotonine, la vasopressine, l’adrénaline, l’ocytocine, l’adénosine, les endocannabinoïdes et les endoopioïdes. L’action de ces substances, neurotransmetteurs et autres hormones, semble être importante quant aux bienfaits que l’on ressent pendant l’exercice physique ou lors d’une séance de thérapie manuelle comme l’ostéopathie. En effet, à mesure que les recherches progressent, la communauté scientifique se rend compte que les effets des massages et des mobilisations sur la diminution de la douleur ont davantage à voir avec des réactions de notre système nerveux qu’avec les muscles, les tendons et les os en eux-mêmes. Penchons-nous ensemble sur quelques-unes des molécules qui font partie de cette véritable pharmacie que l’on possède à l’intérieur de chacun de nous.


 

La dopamine

 

La dopamine est connue comme étant la ‘’feel-good molecule’’. Elle est responsable, entre autres, de la sensation agréable et de la satisfaction ressentie lors de l’atteinte d’objectif. On l’associe à la recherche du plaisir et son débalancement peut être lié au phénomène de dépendance. Parmi les effets positifs de la dopamine, on retrouve les éléments suivants : elle permet d’accroître la motivation. Elle favorise la concentration, l’apprentissage et un sommeil récupérateur. Elle permet de régulariser les réponses émotionnelles.

En nous fixant de petits objectifs, par exemple de progresser au fil des semaines vers la réalisation de 20 minutes de marches rapides par jour, comme le préconise l’Organisme Mondial de la Santé, nous favorisons le relâchement de ce neurotransmetteur aux effets positifs (sans parler des autres neurotransmetteurs libérées lorsque nous mettons notre corps en mouvement).

 

Fait intéressant, une recherche récente de 2019 publiée dans la revue scientifique Cell montre que le fait de perdre espoir active un groupe de molécules dans le cerveau appelé neurones nociceptines dont l’action est de supprimé la dopamine[2].  Maintenir une attitude positive et cultiver l’espoir en de jours meilleurs lorsque nous vivons des épisodes douloureux est donc important, même au niveau neurochimique ! 

 
 

 

 

La sérotonine

 

La sérotonine est un autre neurotransmetteur sécrété, entre autres, dans le tronc cérébral.  Cette molécule permet d’améliorer notre moral, diminue l’agressivité et améliore la régularité de notre sommeil. Elle joue aussi un rôle dans des fonctions aussi diversifiées de notre organisme que l’appétit, l’activité motrice et cognitive du cerveau ainsi que nos réactions émotionnelles. 
 

La sérotonine est devenue célèbre et sera éternellement associée à l’invention des antidépresseurs qui permettent d’influencer le niveau de sérotonine de l’organisme (cependant, ce n’est pas le seul moyen). L’exercice, les relations interpersonnelles agréables, la sensation d’être écouté, compris et respecté ainsi que la thérapie manuelle telle que l’ostéopathie et la massothérapie sont toutes des avenues qui ont été étudiés et qui permettent au cerveau de stimuler sa sécrétion de sérotonine[3]. 

 

 

L’Ocytocine

 

L’ocytocine est une hormone relâchée par l’hypophyse souvent associée avec la féminité ou encore la grossesse. Néanmoins, elle fait bien plus que cela. Tout le monde produit de l’ocytocine et cette hormone est en lien avec le bien-être, la création de liens affectifs, l’intimité et la confiance. La sécrétion d’ocytocine favorise, entre autre,   l’absorption des nutriments et la réduction de l’anxiété. Cette hormone permet de mieux conserver l’énergie et améliore la qualité du sommeil et de la récupération[4]. Elle semble même améliorer le fonctionnement du système immunitaire et réduire le stress cardio-vasculaire[5]. En thérapie manuelle, les recherches ont permis de démontrer que des massages rassurants pendant lesquels le/la client(e) a l’impression que l’on prend soin de lui/elle permettent de relâcher davantage d’ocytocine[6].


 

 



 

L’adrénaline
 

L’adrénaline est un neurotransmetteur et une hormone aussi appelée épinéphrine secrété par notre système nerveux et nos glandes surrénales. Elle engendre une augmentation du rythme cardiaque, une hausse de la pression artérielle ainsi qu’une dilatation des bronches. L’adrénaline nous aide à faire face à une menace et nous la sécrétons lors d’un besoin d’énergie : à la pratique d’une activité vigoureuse par exemple.  L’adrénaline réduit la perception de la douleur et est l’une des raisons (avec les endorphines) pourquoi l’activité sportive à un effet analgésique. Les effets de l’adrénaline sur la douleur peuvent se poursuivre pendant quelques heures après une séance d’exercice. Comme beaucoup de choses dans la vie, il faut favoriser un sain équilibre. En effet, l’anxiété chronique peut maintenir les niveaux d’adrénaline élevée de manière excessive, ce qui peut causer des problèmes de santé au fil du temps.
 

 

Les endorphines

 

Les endorphines sont des neuropeptides sécrétés par le cerveau, la moelle épinière et la glande hypophyse dont le rôle est principalement d’inhiber les signaux douloureux. Elles peuvent aussi créer des sensations euphorisantes comme le fameux ‘’runners high’’ expérimentées par les coureurs après une course.  Plusieurs activités variées ont été étudiées quant au fait qu’elles favorisent la relâche d’endorphine par notre système nerveux. On y retrouve l’activité sportive vigoureuse bien sûr, mais aussi le fait de rire, les relations intimes et sexuelles, l’écoute de musique et la méditation. Au niveau thérapie manuelle, les recherches ont démontré que du travail de tissus profonds lent, appliqué, compréhensif et graduel stimule la relâche d’endorphines chez le client[7]. Les techniques ostéopathiques (osteopathic manipulations) semblent aussi avoir un effet sur la relâche d’endorphines[8].



 

En résumé
 

Notre système nerveux a à sa disposition un arsenal très impressionnant de molécules  pour l’aider à gérer la douleur et favoriser le bien-être.  Plusieurs modalités peuvent être utilisées pour tirer avantage de cette endopharmacie, parmi eux : l’exercice physique, la méditation, une saine alimentation, les rapports sociaux agréables et la thérapie manuelle. 


 

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Nicolas Blanchette pratique la kinésiologie et l’ostéopathie avec son équipe Ostéo-Solution sur la Couronne Nord de Montréal, au Québec. Cliquez ici pour prendre votre premier Rendez-vous

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Sources:
 

LOH et coll. beta-endorphin is a potent analgesic agent, Proc Natl Acad Sci U S A. 1976 Aug; 73(8): 2895–2898.
 

PARKER et coll. A Paranigral VTA Nociceptin Circuit that Constrains Motivation for Reward, Cell, July, 2019
 

FIELD et coll. CORTISOL DECREASES AND SEROTONIN AND DOPAMINE INCREASE FOLLOWING MASSAGE THERAPY, Pages 1397-1413 | Received 22 Nov 2004, Published online: 07 Jul 2009
 

Gutkowska J1, Jankowski M. J Neuroendocrinol. 2012 Apr;24(4):599-6, Oxytocin revisited: its role in cardiovascular regulation.

 

Vigotsky, A. and coll, The Role of Descending Modulation in Manual Therapy and Its Analgesic Implications: A Narrative Review, Pain Research and Treatment, 2015

 

B. Kaada and O. Torsteinbø, “Increase of plasma beta-endorphins in connective tissue massage,” General Pharmacology, vol. 20, no. 4, pp. 487–489, 1989

 

M. Payson and H. S. Holloway, “Possible complications of using naloxone as an internal opiate antagonist in the investigation of the role of endorphins in osteopathic manipulative treatment,” Journal of the American Osteopathic Association, vol. 84, no. 1, pp. 152–156, 1984

 

 

 

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