Arthrose de la hanche : gestion de la condition et prévention

Mis à jour : mai 6


Commençons par ceci : l’arthrose articulaire (usure) est un phénomène tout à fait commun . Avoir un diagnostic d'arthrose n'est pas une fatalité! Pratiquement tout le monde commence à en faire à une articulation ou à une autre dès ses trente ans, voir avant. L’arthrose était autrefois identifié comme une maladie du cartilage. À la lumière des recherches récentes, l’Osteoarthritis Research Society International (OARSI) l’a récemment redéfinie.


L’arthrose est maintenant définie comme l’incapacité du corps à réparer les tissus articulaires endommagés.

Même si les lésions articulaires peuvent survenir en raison de la détérioration associée au vieillissement, elles peuvent également découler d’une blessure. L'arthrose est décelable à la radiographie et ne se traduit pas toujours par de la douleur. Elle est d’ailleurs, fort heureusement, asymptomatique dans la majorité des cas. Il faut la différencier de l'arthrite qui est une maladie auto-immune inflammatoire qui n'inclut pas forcément l'usure du cartilage.

Il peut cependant arriver que la dégradation du cartilage de la hanche au fil du temps entraîne des contraintes mécaniques ou de l’inflammation qui pourrait se traduire par de la douleur ou une boiterie. Les facteurs de risque de développer de l’arthrose symptomatique à la hanche inclue :

  • Le sexe (féminin),

  • L'âge (50-60)

  • Le surpoids

  • La sédentarité

  • La présence d’un ancien traumatisme à la hanche ou d’une malformation génétique.


Les symptômes les plus couramment ressentis pour l'arthrose de la hanche sont une douleur profonde au niveau de l’aine qui irradie parfois dans la fesse, au bas du dos ou à la cuisse, une douleur lors de la mise-en mouvement après une période d’inactivité ainsi que des pertes d’amplitude de mouvement et de force musculaire.


Dans ce contexte, il est tout à fait logique de chercher un soulagement à l’inconfort. Mais par où commencer?

L’importance du mouvement

L’exercice est la modalité de premier choix pour toutes les douleurs liées à l’arthrose, y compris l’arthrose de la hanche. Ce dernier procure des bénéfices et ce, peu importe qu’il se traduise ou non par une perte de poids sur la balance. Dans les études, la pratique d’activité physique régulier engendre (sur la diminution de la douleur) des bénéfices semblables ou meilleurs à la prise de médication, sans apporter d’effets secondaires négatifs potentiels.



Pour obtenir ces bénéfices avec un minimum d’inconfort, il faut sélectionner des exercices qui ne nous causent pas trop de douleur, qu’il s’agisse tout simplement de marche (sur terrain ‘’mou’’ comme le gazon, de préférence), de vélo ou encore de natation. Même si l’exercice est un peu inconfortable au départ, il est très fréquent qu’il devienne de plus en plus confortable avec une pratique régulière.

La World Health Organization (WHO) recommande un minimum de 150 minutes d’activités physiques modéré par semaine. On entend par activité physique modérée, la pratique d’un exercice, n’importe lequel, pendant lequel la fréquence cardiaque s’élève à 60-80% de sa capacité maximale.

En d’autres termes, il s’agit d’un exercice pendant lequel il serait encore possible d’entretenir une conversation, mais où il ne serait pas possible de chanter.

La marche rapide, la randonnée, le jardinage, le vélo et la natation à un rythme facile à soutenir sont des exemples d’activité physique modérés. 150 minutes réparties sur sept jours correspondent à environ 20 minutes d’activité physique par jour. Vous trouvez que c’est peu? 75% des canadiens n’atteignent pas ces cibles[1] . Pas étonnant que les conditions dégénératives comme l’arthrose symptomatique gagnent du terrain en Amérique du Nord.

Il n'y a pas d'âge pour commencer à obtenir les bénéfices de la pratique d'activité physique

Les bénéfices de l’activité physique pour préserver le cartilage articulaire de la hanche pourraient s’expliquer par une découverte faite en 2019 et publiée dans la revue scientifique Osteoarthritis and Cartilage. Les scientifiques ont ainsi pu constater que de petites structures cellulaires contenues dans les articulations, aussi minuscules que des cheveux et appelées ‘’cils primaires’’ (primary cilia) , seraient responsables de certains bénéfices de la pratique régulière d’activité physique. En effet, durant l’exercice, les cartilages dans les articulations comme la hanche retrouvent comprimés. Ces pressions mécaniques sont détectées par les cellules ciliaires dans le cartilage. Ces dernières réagissent en bloquant l’action de molécules pro-inflammatoire que l’on associe à des conditions dégénératives comme l’arthrose.

Une activation soutenue dans le temps de ces cellules cilliaires pourrait ainsi contribuer à préserver le cartilage articulaire en vieillissant.


Trouver la motivation

Pour vous motiver à bouger davantage, essayer de créer un environnement autour de vous qui fera en sorte que faire de l’exercice soit agréable plutôt qu’une corvée. C’est pour cette raison que la majorité des gens décroche de leurs saines habitudes de vie. Assurez-vous d’avoir du plaisir en bougeant. Marcher entre amis (lorsque possible!). Promenez-vous dans la nature. Écoutez de la musique ou des balados. Utilisez vos déplacements pour aller acheter votre dîner. Toutes les excuses sont bonnes pour bouger davantage. Et les minutes se cumulent à la fin de la journée. Cela peut être aussi simple qu’utiliser davantage les escaliers ou stationner votre voiture plus loin dans l’espace de stationnement. Votre corps s’adaptera à la demande que vous lui imposez en préservant ses articulations. Comme disent les Anglais : ‘’use it or lose it’’.

Contrairement à ce que l'on croyait, faire quelques minutes d'activités physiques intenses par semaine ne suffit pas à contrecarrer un mode de vie majoritairement sédentaire. Bouger doit faire partie de notre hygiène de vie! À tous les jours

Idées d'exercices

Marcher ou faire du vélo tous les jours ou tous les deux jours , c’est déjà très très bien. Mieux que ce que la grande majorité des gens font. Et cela apportera des bénéfices substentiels. Il peut cependant être intéressant de supplémenter cette saine pratique par une courte séance d’entraînement en résistance et en mobilité ciblant directement les articulations des hanches. Quelques minutes par jours seulement peuvent être efficaces.


Le renforcement des muscles des hanches permet une meilleure distribution des forces sur l’articulation, ainsi qu’une meilleure stabilité et mobilité. Un groupe musculaire profond de la hanche appelée muscles pelvi-trochantériens a une action particulièrement intéressante par rapport à la prévention de l’arthrose de la hanche. En effet, ces muscles participent à la sustentation active de la hanche. Ils ont une action ‘’décompressive’’. Ils empêchent ainsi la tête fémorale de trop s’enfoncer dans la cavité cotyloïde. C’est un mouvement de faible amplitude, mais particulièrement utile en cas de souffrance cartilagineuse (arthrose de la hanche, usure, etc.). Ils agissent un peu comme un hamac qui soutient le bassin avec les fémurs comme point d’ancrage.

Un exercice efficace pour stimuler et renforcer ce groupe musculaire est l’exercice ‘’de l’huitre’’. Pour l’exécuter, couchez-vous sur le côté. Pliez les hanches à 45 degrés, les deux jambes l’une par-dessus l’autre. Soulevez lentement le genou supérieur vers le plafond en vous arrêtant avant que le bassin commence à pivoter vers l’arrière. Maintenez la position supérieure indolore pendant 3 secondes. Répétez l’exercice pour un total de 12-15 répétitions. Reposez-vous trente secondes et faites 2-3 séries par jour.

Au niveau de la mobilité articulaire, on retrouve le plus fréquemment des limites dans les mouvements de flexion (apporter le genou vers la poitrine) et de rotation interne. Il est donc intéressant de chercher à préserver ces amplitudes de mouvement en réalisant quelques exercices tout en s’arrêtant avant l’apparition de douleur lié à la compression articulaire.

Pour mobiliser la hanche en flexion, placez-vous à quatre pattes. Descendez progressivement votre centre de gravité pour que les fesses se rapprochent des talons. Maintenez la position limite (avant l’apparition de douleur) pendant 2-3 secondes et répétez pour 10-15 répétitions.

Pour mobiliser la hanche en rotation interne, couchez-vous sur le dos. Avec les deux genoux fléchis et les pieds à plat contre le sol placé plus larges que la largeur des hanches, laissez tomber un genou vers le plancher. Ce mouvement créera une rotation interne de la hanche. Rendez-vous à la position limite (avant l’apparition de douleur) et maintenez pendant 2-3 secondes pour 10 -15 répétitions.

Vous êtes thérapeute? : nous examinons des exercices en détails ainsi que plusieurs autres stratégies basées sur les preuves pour aider nos client(e)s lors de notre atelier de formation annuel Thérapie Manuelle et Exercices : Module Ceinture Pelvienne

Un kinésiologue, un professionnel de formation universitaire, peut vous être d’une grande aide pour vous concocter un plan d’exercice approprié à votre situation et pour vous superviser au fil des semaines.

Soulagement des symptômes

Pour se sentir mieux, l’exercice physique peut être supplémenté par des consultations avec un thérapeute. Les différentes formes de thérapie manuelle telles que l’ostéopathie, la massothérapie, la kinésithérapie, et autres permettent de moduler (atténuer) les sensations douloureuses liées à l’arthrose. Par exemple, je constate en pratique privée que les différents types de tractions articulaires apportent un grand soulagement aux gens aux prises avec des problématiques de la hanche. Vous pouvez prendre RV avec nous en clinique ICI.

Intervention chirurgicale

L’intervention qui consiste à remplacer la tête fémorale et le cotyle par une prothèse dans les cas d’arthrose très symptomatiques de la hanche est courante. La prothèse a une durée de vie de 15 à 20 ans. Même s’il s’agit d’une intervention généralement très bien réussie et sécuritaire, toute intervention chirurgicale comprend des risques et devrait être utilisée seulement si des traitements conventionnels comme la pratique accrue d’activité physique n’apportent pas de résultats suffisants après l’avoir essayé pendant plusieurs mois. La récupération du patient post-intervention dépend en grande partie de son implication dans le processus de réhabilitation. Mis à jour mai 2020

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Nicolas Blanchette pratique la kinésiologie et l’ostéopathie avec son équipe Ostéo-Solution sur la Rive-Nord. Cliquez ici pour prendre votre premier Rendez-vous.


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Sources: Société de l'arthrite, https://arthrite.ca/, 2002


CALAIS, Blandine. Anatomie pour le mouvement, 2009.


Le kinésiologue : l’allié de votre santé, Le Devoir, https://www.ledevoir.com/bis/562244/le-kinesiologue-l-allie-de-votre-sante?fbclid=IwAR2FswTQbe2PXu8mYTKpm7JMqDJR4q8jOmZkJcHJFW6NkzCGTz5Ct_bvrig, septembre 2019 FU et coll. Mechanical loading inhibits cartilage inflammatory signalling via an HDAC6 and IFT-dependent mechanism regulating primary cilia elongation, Osteoarthritis and Cartilage Volume 27, Issue 7, July 2019, Pages 1064-1074


UTHMAN et coll. Exercise for lower limb osteoarthritis : systematic review, BMJ, 2013. Ligue Suisse contre le rhumatisme, Arthrose de la hanche, https://www.ligues-rhumatisme.ch/blog/2017/arthrose-de-la-hanche, 2019


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